Plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance ce mardi, les marchés actions européens poursuivent leur progression, à l'exception d'Amsterdam. Les investisseurs digèrent les publications des revenus du 3e trimestre de plusieurs grandes sociétés (LVMH, Publicis), en amont de celles très attendues des géants bancaires américains cet après-midi. Le CAC 40 se dirige vers une troisième séance consécutive dans le vert, gagnant 0,35% à 7 860,30 points. Londres et Francfort progressent respectivement de 0,67% et 0,52%.
Un climat géopolitique toujours sous tension au Moyen-Orient
Toutefois, cette dynamique favorable des Bourses du Vieux Continent contraste avec un environnement géopolitique très instable. Les tensions continues au Moyen-Orient ne les rassurent pas.
Sur le terrain militaire, l'Arabie saoudite a lancé un appel à l'aide, resté sans suite, à son allié, les Etats-Unis, après la récente vague d'attaques meurtrières orchestrée par les Houthis du Yémen. Interrogé par l'AFP, le haut responsable houthi, Mohammed Al Bukhaiti, a lancé hier un avertissement à Washington. Les combattants pro-iraniens promettent une riposte ferme en cas d'intervention américaine.
Preuve d'une nouvelle escalade dans la région, lundi soir, de fortes explosions ont encore agité Riyad, poussant les autorités à envoyer un message sur le téléphone des habitants pour les appeler à se réfugier "dans un endroit sûr", une première depuis des semaines.
Les cours du pétrole en baisse malgré l'instabilité régionale
En dépit de ce climat géopolitique délétère, les cours du pétrole reculent après la hausse de la veille. Après 10h30, le Baril de Brent cède 1,01% à 105,05 dollars. Le WTI américain perd 1,14% à 92,04 USD.
Au sujet de l'or noir, Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM, estime qu'il n'est pas possible de réduire les prix des hydrocarbures rapidement sans un retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Selon lui, l'espoir d'un apaisement au Moyen-Orient reste envisageable. "Nous pensons toujours, au vu des événements récents, avec la difficulté des États-Unis à avancer dans leurs négociations avec l'Iran, que notre scénario d'enlisement reste d'actualité, avec des prix des hydrocarbures qui resteront encore élevés. Néanmoins, nous tablons toujours sur une solution, même partielle, du conflit avec au moins une ouverture soutenable d'Ormuz après les élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis. Ainsi, nous projetons un recul sur la fin de l'année qui devrait s'accentuer en 2027, avec une offre qui devrait devenir abondante."
L'Etat premier actionnaire d'Eramet
Au-delà de cette actualité géopolitique lourde, les marchés réagissent à la parution des ventes trimestrielles des grandes valeurs publiées hier et ce matin. LVMH (-1,53%) signe l'une des plus fortes baisses du CAC 40 après une performance décevante au 3e trimestre. Le numéro un mondial du luxe a vu ses ventes ralentir. Elles n'ont augmenté que de 1% en organique, à 18,504 milliards d'euros. Au 2e trimestre, elles avaient progressé de 3%, à 19,524 milliards d'euros. LVMH explique que la dynamique a été freinée par un ralentissement de la demande en Chine, compensée par la bonne tenue des marchés américain, européen et japonais.
Publicis est quasiment stable après une hausse de 7,9% de son revenu net au 3e trimestre 2026 à 3,808 MdsEUR. Pour l'exercice 2026, le spécialiste mondial de la communication vise toujours une croissance organique du revenu net entre 4,5% et 5%, avec une croissance au 4e trimestre située dans cette fourchette annuelle. Il maintient son objectif d'une légère amélioration du taux de marge opérationnelle par rapport aux 18,2% atteints en 2025, le niveau le plus élevé du secteur, ainsi qu'un free cash flow d'environ 2,2 MdsEUR.
Par ailleurs, Eramet ( 1,4%) a confirmé hier soir son intention de lancer une augmentation de capital de 500 MEUR au 4e trimestre 2026. L'État, actionnaire de référence du groupe minier, soutient la stratégie de la société en y augmentant sa participation, par le biais de l'Agence des participations de l'État (APE). L'État souscrira à l'augmentation de capital à hauteur de sa quote-part au capital d'Eramet et, en complément, à hauteur des droits préférentiels de souscription (DPS) qu'il aura acquis auprès de Sorame-CEIR, son partenaire historique. A l'issue de ces opérations, l'État deviendra le premier actionnaire du groupe.
Dans le cadre de sa stratégie de développement en Europe, Crédit Agricole a signé un accord avec Lone Star Funds en vue de l'acquisition de 100% du capital d'IKB Deutsche Industriebank AG. Cette banque allemande est l'un des premiers partenaires financiers du Mittelstand allemand.
A Londres, bp ( 1,08%) enregistre l'une des plus fortes progressions du FTSE 100, porté par la réduction de sa dette et une amélioration de ses marges de raffinage au 3e trimestre. La compagnie pétrolière britannique a affiché son optimisme en révisant à la hausse ses objectifs de production amont au 3e trimestre : 2,190 - 2,240 millions de barils équivalent pétrole par jour contre une estimation précédente entre 2,100-2,245 millions.
A Zurich, Givaudan bondit de plus de 7% après avoir dévoilé une nette accélération de ses ventes au 3e trimestre. Les ventes du producteur d'arômes et de parfums ont bondi de 8,6%, à 2,092 milliards de francs suisses. Le groupe suisse a réitéré ses objectifs financiers à moyen et long terme : une croissance moyenne des ventes en comparables de 4 à 6% par an, un flux de trésorerie disponible ajusté moyen supérieur à 12%.
A Francfort, le groupe aéroportuaire allemand Fraport progresse de 1,22%, soutenu par une hausse du trafic passagers en septembre. Il a accueilli 21,1 millions de passagers le mois dernier, soit une hausse de 2,7% sur un an. A Francfort, son principal aéroport, la fréquentation a progressé de 1,6%, à 6,1 millions de voyageurs.
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